29 août 2017 ~ 0 Commentaire

Finir sa vie de matelas dans un….

Finir sa vie de matelas dans un fourré, il ne l’avait jamais imaginé. Lui, le pure laine à mémoire de forme et ressorts enchâssés. Pourtant, depuis cette nuit, il s’y trouvait, en compagnie d’un tas de gravats et d’un vélo rouillé. Déjà ses acariens le quittaient.
Sa vie avait si bien commencer. Un beau jour d’été, il les avait vu entrer à l’affût, souriant, crispés cependant ne sachant encore s’il devait franchir le pas. Ce jeune couple lui plu dès le départ. Il sentit monter en lui une espèce d’espérance foudroyante. Il les revoyaient si timide se tenant la main, se murmurant des secrets, des rires discrets, des sourires confus, des rougeurs, des coups d’oeils alentour puis, des essais.

 

Il y en eut peu en fait. Deux suffire leur regards se posant sur lui, le bon ,le meilleur sur le marché, le pure laine, ressorts enchâssés, mémoire de forme affirmé bref, le top du top.Ils hélèrent un vendeur sûr de lui qui ouvrant la bouche s’apprêtait à vanter la marchandise._ »Nous voulons celui-ci « le coupa le jeune homme fier de sa confiance en lui.

 

 

_Hum, Monsieur a bon goût, ce matelas vous fera des années, il ne s’affaissera pas, ne vous blessera pas le dos et vos enfants pourront_y faire des galipettes à répétitions sans problème. Rougissante la jeune femme osa un timide: » nous n’en sommes pas encore là ». _ Oh!!! cela viendra bien un jour non? Hilare il enregistra la commande, pris l’adresse et donna le délaie de livraison, ce qui convint parfaitement au jeune couple qui se souriant…s’en allèrent .

Lorsque enfin ce beau spécimen de matelas trouva sa place dans le grand lit, il y connu tout une effervescence conjugale. Les jours et les mois, puis, les années passant il y eut un peu de relâchement puis par un retour de printemps précoce, ils vécurent une saison de folie qui se soldat par une nouvelle extraordinaire.

_Le petit déjeuner, le croissant, le café, le jus d’orange le tout mis en valeur sur un petit plateau mis soudainement la puce à l’oreille du futur papa qui, rayonnant bondit sur sa jeune épouse. Le café, le jus d’orange,le croissant bref tout cela se retrouva mouillant les draps et par delà, le matelas mais…qu’importe,la nouvelle valait bien une tâche non! Les jours suivant furent délicieux, tout en tendresse et amour. Un soir ou la lune brillait  ou sa beauté illuminée la chambre, Eloïse se crispa.

 
Elle tordit le bras de Francis qui dormant à point fermé fut fortement contrarier puis comprenant enfin qu’Eloïse allait enfanter,il bondit et tout en s’habillant nerveusement se prit les pieds dans les draps. C’était si risible que malgré la douleur Eloïse se mit à rire. Nos deux tourtereaux s’en allèrent laissant le matelas fier de lui. Eloïse revint quelques jours plus tard. Son ventre restait gros, mais elle était souriante, elle resplendissait et Francis la couvait de son oeil amoureux. Soudain…un cri retentit dans la pièce.

Eloïse se précipita vers une espèce de petit lit et doucement souleva une petite chose qui s’époumonait.Le rire de joie d’Eloïse retentit de nouveau, elle se dirigea vers le matelas et tout en fredonnant elle dit: » Bien, bien, bien mon trésor, tu vas pouvoir manger. Attends un peu que j’enlève mon manteau. Et tu auras ce que tu désire, là mon tout petit je te pose sur le matelas, attends mon chou. »

 

_Quoi! que venait-il d’entendre,  » le matelas! » Il n’était plus le chou d’Eloïse? Que ce passait-il donc à la fin? Le pauvre vécut ainsi des semaines troublantes ou l’angoisse lui crispait les ressorts et Eloïse s’en plaignit un matin à Francis en ces termes qui blessèrent ledit matelas._ Chéri, le matelas se fait vieux tu ne trouve pas? j’ai ressentis plusieurs fois de suite un ressort, et je t’avoue que cela est des plus désagréable. Combien d’année déjà?

_ Hum mon trésor, maintenant que tu en parle, je te comprends et c’est sûrement pour cela que mon sommeil n’est plus aussi bon qu’avant…Je te dirais presque sept ans? Oui c’est cela, sept belles années ma tendresse, tu te souviens?_ Rosissante Eloïse lui répondit: » Certes comment oubliés cela, je ne le peux et notre petit amour,nous le rappel encore d’avantage.Mais, le matelas lui…il n’a pas suivi, et, je te dirais qu’il est grand temps d’en changer!_ Bien, nous irons voir ce qu’il se fait en ce moment.

Le Matelas n’en revenait pas,quoi! ils allaient faire quoi! Et puis quoi encore. Il durcit ses ressorts manifestant sa colère. S’il avait su,le pauvre aurai fait le contraire… Et aujourd’hui me direz-vous? Aujourd’hui le voila coincé dans un dépotoire sans protection, avec, un vieux vélo qui en a vu des vertes et des pas mûres, un frigo qui baille aux corneilles, des détritus en tout genre et une très vieille gazinière qui est de  guingois. Il frissonne de desespoir. _ » T’inquiète matelas, vu que t’es beau comme tout, y a bien quelqu’un qui va te prendre lui dis le frigo.

_ Ouais, t’aura de la chance toi, nous on est trop vieux,trop abimés par l’eau, le vent, les aléas de la vie quoi brailla la Gazinière. Le vélo lui dit: » Tu vas pas faire de vieux os ici matelas, tiens vise un peu, voila la mère Trolliot,à tout les coups t’es bon pour elle, vise là un peu mon vieux, vraiment t’as de la chance mince alors. Comme de fait, une dame d’un âge plus que certain s’approcha du matelas.

Elle le tatta, maugréa, fustigeant ceux qui avaiosé se débarrasser d’un si bon compagnon puis, elle siffla. Quoi! pensa le matelas,une femme qui siffle! Je suis pas un chien moi!_ Mais non corne de bouc farci à la moelle, elle appelle ses fils vois les qui arrivent vieux,la chance toi, cria presque le vélo. Puis, dans un flottement le matelas se retrouva sur des épaules épaisses et trimballés dans un vieux van qui avait vécu des jours plus que meilleur. Enfin, le van s’arrêta, la grande porte s’ouvrit.

Matelas fut de nouveau porté sur des épaules épaisses puis déposer sur un très vieux sommier qui grinça tout en protestant contre ces deux brutes._ Oh! qui voila ?dit-il. Tu es bien doux et ferme toi, c’est un plaisir d’être en dessous de toi, fais des merveilles avec la vieille et tu seras heureux vieux. Et…comme de fait…Matelas fit des merveilles, jamais la vieille n’avait connu de douceur de matelas pareil. Matelas vêcut heureux de nombreuses années. Un soir, il eut plaisir à entendre une voix qui grinçait…

_éh matelas,t’es encore là! Vélo venait ici finir sa vie…Le monde n’est pas si petit tout conte fait…un vieux matelas et un vélo servirent encore de biens belles années…Et pour finir sa vie en beauté…matelas sert maintenant de couche à mouche le vieux chien de la ferme à la mère Triollet.
sur une idée de Pascal Perrat.
y-l.

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